Le développement de la vitesse adaptée aux sports de combat
- Christophe FRANCK

- 3 août
- 4 min de lecture
Dernière mise à jour : 4 août
Omniprésente dans les actions décisives des sports de combat, la vitesse s’exprime sous différentes formes dans des actions très courtes et répétées à une fréquence élevée. Pour développer la vitesse, l’entraînement doit répondre à des conditions de fraicheur et d’intensité maximale.

Les facteurs déterminants de la vitesse
La vitesse chez le combattant est une aptitude physique complexe qui résulte de l'interaction étroite entre quatre piliers fondamentaux : les facteurs neurologiques (conduction nerveuse et recrutement musculaire), musculaires (métabolisme énergétique, typologie des fibres et raideur élastique), biomécaniques (coordination gestuelle) et cognitifs (anticipation et lecture de l'adversaire). Fortement influencée par la génétique (pourcentage de fibres rapides et raideur musculo-tendineuse, morphologie) et la force, cette qualité repose également sur la maîtrise d'une gestuelle technique (motricité) spécifique.
Détail des facteurs :
Facteurs neurologiques : pour la vitesse de conduction de l'influx nerveux et le recrutement simultané des unités motrices.
Facteurs musculaires : pour la quantité d’ATP et minéraux disponibles dans le muscle (fonctionnement de la filière anaérobie alactique), la proportion de fibres rapides, la raideur musculaire et tendineuse, essentielle pour restituer l'énergie élastique lors des impulsions, ainsi que la coordination intermusculaire (couple agoniste – antagoniste).
Facteurs biomécaniques : pour la coordination intersegmentaire spécifique à la gestuelle technique.
Facteurs cognitifs : pour la capacité à lire les indices comportementaux de l'adversaire afin d’agir ou d’anticiper son action.
RAPPEL :
Les différents types de vitesse retrouvés en sports de combat
La vitesse de réaction : les stimuli déclencheurs sont visuels et multiples (attitude, placement ou attaques de l'adversaire) et vont entraîner des réactions de déplacements et de gestes défensifs ou offensifs.
La vitesse gestuelle : elle est exercée lors de la délivrance d'un coup isolé (explosivité).
La vitesse d'enchaînement : elle traduit la faculté du sportif à réaliser dans un temps le plus bref possible une succession de gestes techniques spécifiques (notion d'enchaînement de coups).
La vitesse de déplacements : elle concerne les déplacements antéro-postérieurs et latéraux utilisés dans le cadre de la discipline pour entrer ou sortir de la zone de confrontation.
La vivacité : elle traduit les passages du statut de défenseur à attaquant ou vice-versa dans le cadre de l’opposition. Elle englobe les combinaisons complètes ou partielles « réaction - vitesse gestuelle – enchainements – déplacements » et est la traduction de la motricité spécifique de la discipline concernée.
Les principes fondamentaux de développement
Pour développer une vitesse exploitable en combat, l’entraînement doit respecter des règles strictes :
Travailler sur un état de fraîcheur nerveuse : la vitesse se développe en début de séance, après un échauffement complet mais avant toute fatigue métabolique.
Exécution à intensité maximale : chaque répétition doit être exécutée à la vitesse maximale possible. Dès que la vitesse baisse de 5 à 10%, l’exercice doit être arrêté.
Récupérer complètement : respecter un ratio d'au moins 1:10 entre le temps d'effort et le temps de repos (ex. : 3 secondes d'effort pour 30 secondes de repos) afin de reconstituer les stocks de phosphocréatine.
Exemples concrets d'exercices par type de vitesse
La vitesse de réaction : le principe est de réagir à un signal déclencheur. C’est pourquoi cet exercice ne peut être réalisé qu’en situation pour déterminer les signaux et proposer une réponse adaptée.
Exemple : sur une attaque en direct avant, réaliser une parade avec la main arrière et riposter deux coups.
Des exercices plus généraux, comme rattraper des balles de tennis, permettent d’affuter le travail « main – œil », d’évaluer les trajectoires et de développer la coordination. Des exercices avec réaction sur des signaux lumineux furtifs sont également intéressants.
La vitesse d’exécution : elle est totalement dépendante du développement de la force (voir « Le développement de la force adaptée aux sports de combat ») et de sa périodisation.
La vitesse d'enchaînement : le but est de travailler la coordination à un haut niveau d’exécution sur des actions complexes.
Exemple : aux paos ou avec un partenaire, répéter un enchainement déterminé (plus de trois coups) à vitesse maximale
La vitesse de déplacement : la qualité des déplacements dépend de la tonicité des appuis et de la coordination nécessaire aux changements d’orientation.
Tonicité : exercices de réactivité du pied (skipping), pliométrie et de force dynamique
Coordination : répétition de schéma à l’échelle de rythme par exemple
La vivacité : il s’agit de combiner les types de vitesse précédents de façon partielle ou complète. Si les exercices sont plutôt ludiques, ils nécessitent un excellent gainage du tronc et des articulations.
Parcours permettant des changements de direction et des variations d'appuis (avant, arrière, latéralement, freinage, etc.)
Quand développer la vitesse dans la saison
La vitesse n'est pas la qualité physique la plus aisée et rapide à développer. Etant fortement liée à la génétique, la progression sera adossée au développement de la puissance musculaire et à l'amélioration de la motricité spécifique (technique et prise d'information).
La vitesse d'exécution, dépendante de la force, sera développée suivant le calendrier de cette qualité.
Le développement des autres types de vitesse (réaction, enchainement, déplacement et vivacité) sera réalisé lors des séances techniques.



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