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Mobilité articulaire en sports de combat : les fondations d'une performance durable

  • Photo du rédacteur: Christophe FRANCK
    Christophe FRANCK
  • 6 août
  • 4 min de lecture

La préparation physique d'un combattant ne se résume pas au développement de la force, de la puissance ou de l'endurance. Si ces qualités sont essentielles, elles ne suffisent pas à garantir une progression durable ni à préserver l'intégrité physique du sportif. Le travail de la mobilité articulaire permet d'améliorer la qualité des gestes, de prévenir les blessures (prophylaxie) et d'accélérer le retour à la pratique après une blessure (réathlétisation).

Combattant entrainant sa vitesse aux paos avec son coach

Un combattant réalise un exercice de mobilité articulaire de la hanche

En boxe, MMA, kickboxing, muay thaï, lutte, jiu-jitsu brésilien ou boxe française, les articulations sont soumises à des contraintes importantes : changements d'appuis, rotations, projections, frappes, esquives ou travail au sol. Une mobilité insuffisante ou un mauvais contrôle des mouvements augmentent rapidement le risque de blessures et limitent l'efficacité technique.

Mobilité et souplesse : ne faites plus l'amalgame

Les deux notions sont souvent confondues alors qu'elles désignent des qualités différentes. Être souple ne garantit pas d'être mobile. Un combattant capable de réaliser un grand écart mais incapable de contrôler ses appuis ou de stabiliser une articulation n'exploitera jamais pleinement son potentiel technique.

La souplesse représente la capacité des muscles, des tendons et des fascias à s'étirer afin d'augmenter l'amplitude d'une articulation.

La mobilité, quant à elle, est la capacité à utiliser cette amplitude de manière active, contrôlée et fonctionnelle. Elle fait intervenir le système nerveux afin de produire un mouvement efficace dans une situation réelle.

Les quatre composantes de la mobilité articulaire

Une bonne mobilité repose sur l'association de plusieurs qualités complémentaires.

La souplesse : elle améliore l'amplitude des mouvements en augmentant l'élasticité des muscles, des tendons et des fascias. Chez le combattant, elle facilite notamment les coups de pied hauts, les projections, les transitions au sol, les mouvements de garde et les changements de niveau.

Le contrôle moteur : il permet au système nerveux d'organiser les contractions musculaires afin de produire un mouvement précis, fluide et efficace comme un coup de pied visage par exemple.

L'équilibre et la proprioception : ces qualités reposent sur les informations provenant de la vision, du système vestibulaire (oreille interne) et des récepteurs proprioceptifs présents dans les muscles, les tendons et les articulations. Ces informations permettent au cerveau d'ajuster en permanence la posture et de stabiliser le corps malgré les perturbations provoquées par l'adversaire.

La force : une articulation mobile doit également être stable. Le renforcement des muscles posturaux, l'équilibre entre muscles agonistes et antagonistes ainsi que la symétrie entre les deux côtés du corps permettent de contrôler les amplitudes acquises et de limiter les compensations responsables de nombreuses blessures.

Les limitations de mobilité les plus fréquentes chez les pratiquants

Une restriction de mobilité peut être liée à la morphologie individuelle. Dans ce cas, il convient de respecter les limites anatomiques propres à chacun.

Dans la majorité des situations, les limitations proviennent cependant d'un manque de travail spécifique. Les déficits les plus fréquemment rencontrés concernent : la mobilité des épaules et de la chaîne scapulaire ; le bassin et la ceinture pelvienne ; la colonne thoracique ; les lombaires ; les chevilles et l'alignement des genoux lors des mouvements de poussée ou de réception.

Ces limitations réduisent l'amplitude des gestes techniques, perturbent la transmission des forces et favorisent l'apparition de douleurs chroniques.

Comment développer efficacement sa mobilité ?

L'entraînement de la mobilité s'organise autour de deux objectifs complémentaires.

1. Développer les amplitudes articulaires destinées à limiter les freinages des articulations, grâce aux étirements passifs, actifs, dynamiques et posturaux. 

  • Etirements passifs : c’est la méthode classique utilisée en fin de séance pour effectuer un relâchement musculaire ou en séance dédiée pour améliorer la souplesse. Une posture de détente correcte est adoptée, puis l'étirement est réalisé progressivement et doucement jusqu'au seuil de tension légère. La position est maintenue 15 à 30sec avant un retour lent à la position initiale. Le propre poids, une force émise par un autre segment ou une force extérieure peuvent aider à réaliser l'étirement. Ceux-ci doivent être réalisés par séries (2 à 4) entrecoupées de récupération.

  • Etirements actifs-dynamiques : la méthode, utilisable en phase d’échauffement,  consiste à combiner l'allongement d'un muscle en deçà de sa longueur maximale avec une contraction isométrique, puis d'enchaîner avec un relâchement et enfin d’effectuer un travail dynamique sur ce même muscle. Exemple sur l’ischio-jambier : 1/ debout, fléchir légèrement 1 genou, planter le talon dans le sol et réaliser un étirement passif pendant 6 à 8 sec. 2/ enfoncer le talon pendant 6 à 8 sec pour réaliser une contraction isométrique. 3/ relâcher 2 sec. 4/ faire l’autre jambe. 5/ exécuter une dizaine de mouvements dynamiques en talons - fesses

  • Etirements posturaux : cette méthode permet de mettre en action plusieurs chaines musculaires. Elle est souvent utilisée dans les cours de stretching. En maintenant une posture, on pousse contre une résistance fictive puis on se relâche totalement en respirant profondément. Elle est adaptée dans cadre de rééquilibrage de la structure musculo-squelettique, de relâchement de stress et d’apaisement des douleurs dorsales.

Exercices passifs de souplesse
Exercices d'étirements passifs

2. Transformer cette amplitude en mouvements dynamiques fonctionnels grâce à des exercices réalisés lentement en amplitude complète et en variant les conditions (support instable, travail unipodal, yeux fermés, maintien postural).

Exemples d'exerices de mobilité articulaires
Exemples d'exercices de mobilité articulaire

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